L'Entreprise Plateforme

Quand j’utilise ce nom devant un membre du COMEX d’une entreprise française du SBF 120, j’ai (presque) toujours droit à une grimace d’incompréhension.

Et à chaque fois que je l’explique, j’y mets encore plus d’implication. Parce qu’il devient urgent d’utiliser l’énorme potentiel interne de ces entreprises pour changer notre culture professionnelle et ses valeurs.

il n’est plus question de faire QUE du business, business doit maintenant rimer avec utile, cause, changement, environnement, dépassement de soi, altruisme.

Le monde ne change pas grâce à ce qui est produit, mais grâce à ceux qui construisent.

Et même si ce monde ne s’est jamais mieux porté dans l’histoire de l’humanité qu’aujourd’hui, il reste encore un sacré bout de chemin.

Et ce ne sont pas les structures, les entités sociales ou les noms de marque qui vont parcourir ce chemin d’elles-même. C’est à nous, nous tous qui composons ces sociétés, industries, entreprises, collectivités, administrations, organisations, de les emmener là où la conscience collective trouvera un terreau plus fertile.

Nous avons tous le pouvoir de changer quelque chose, le temps d’une journée ou plusieurs années, peu importe. Certes, personne ne nous y oblige. Mais surtout personne ne nous en empêche.

Qu’est-ce que j’appelle une entreprise plateforme ?

Pour moi chaque entité sociale se décompose en trois parties :

Une partie orientation : la vision.
Si la vision, l’ambition de cette entité n’est pas clairement définie, partagée et incarnée, elle ne sert à rien quoi qu’elle produise. Et surtout personne à l’intérieur ne comprend ce qu’il y fait.

Une partie construction : les briques unitaires.
Chaque entreprise en a : il s’agit d’un métier fonctionnel A, B ou C, d’un service support juridique, achats, commerce, marketing, RH ou encore des données des employés, des clients, des utilisateurs et des partenaires.

Une partie organisation : l’assemblage des briques pour atteindre la vision.
L’évolution du monde du travail a vu naître ceux qui ont le pouvoir d’organiser et qui sont désignés pour assembler les briques unitaires comme on leur a toujours appris et demandé.

Pour moi l’entreprise plateforme modifie complètement la partie organisation.

Chaque collaborateur étant libre de créer une équipe, construire lui-même un projet, assembler ces briques unitaires et surtout en inventer de nouvelles sans se heurter aux limitations et la complexité de l’organisation imposée.

Non, je ne parle pas d’entreprise libérée : je tiens à un leader global capable de définir cette fameuse vision, et je tiens à la multitude de leaders internes portant chacun leur projet et réunissant autour d’eux ceux qui veulent construire le plus bel assemblage, devenant de fait des « managers makers ».

Où que ce soit. Qui que ce soit. A tout moment.
Il y aura toujours des meneurs et des suiveurs, dans le bon sens du terme, les rôles changent avec le temps.

Cette entreprise plateforme verra certains de ses assemblages échouer, puis d’autres réussir et former un nouveau cadre de rentabilité business avec des valeurs sociales et environnementales jusqu’aux prochains qui viendront les remplacer.

C’est ma définition de l’agilité d’une entreprise.

La pire absurdité que j’entends en ce moment, c’est de faire croire à ces COMEXs que leur entreprise doit devenir une startup.

Une startup est en état de vie ou de mort imminente à chaque seconde et cherche encore son modèle économique. Pour cela elle prend des risques, est rapide et passe d’une chose à une autre. Mais surtout une startup ne peut pas se développer sans un écosystème sain.

Voilà le pouvoir d’une entreprise plateforme : sa capacité à produire un environnement idéal pour permettre à des initiatives internes de se créer, s’épanouir, réussir ou mourir, du moment qu’elles servent le but global.

A nous de jouer.

A l’abordaaaaaaagge !!!

J’ai passé la première partie de ma vie à ne pas savoir vraiment où j’allais professionnellement.
Même si je travaillais dans une grosse organisation, pleine de process et d’habitudes de « grande », ce n’est certainement pas elle que je vais blâmer.
C’est moi, parce que je n’agissais pas.

La complainte est simple et n’engage pas. Mais elle ne change rien. J’ai mis beaucoup de temps à m’en rendre compte.

J’ai donc commencé à agir à l’intérieur, à transformer les problèmes en opportunités, à voir les process comme des outils de changement, à contourner la lourdeur d’une énorme entreprise pour en faire mon alliée.
Et j’ai commencé à pousser toutes le portes de tous les étages pour me rendre compte que c’était dans ma tête qu’elles étaient fermées.
Je n’ai pas toujours été bien accueilli, mais en majorité oui.

Même si la réflexion est primordiale, c’est tout de même l’action qui fait vivre.

Et pour y arriver, pour réussir à me changer moi, j’ai eu besoin des autres, ceux qui avaient changé avant moi, dans mon entreprise ou dehors.

C’est l’apprentissage à proximité de ces gens qui m’a permis de me transformer. Etre d’abord un suiveur dans bien des domaines avant de décider d’être meneur dans un.

Alors faites le point, là, maintenant : vous en êtes où, vous ? Comment vous sentez-vous en allant au taff ?

  • Vous vous sentez épanoui ? Cet article ne vous concerne pas ?
    En fait si : c’est votre épanouissement qui donnera envie aux autres. Aidez, proposez, accompagnez, ouvrez des portes, invitez... Faites découvrir ce qui vous fait grandir..
    On devient rarement leader avant d’avoir été suiveur. Rappelez-vous les personnes qui vous ont inspiré et vous ont donné envie de faire ce que vous faites aujourd’hui.

  • Vous vous sentez perdu, comme moi il y a quelques années ?
    Alors cherchez ceux qui inspirent autour de vous, parlez à ceux que vous ne connaissez pas, racontez vos expériences et au final, lancez quelque chose.
    Pour de vrai. Avec d’autres. Composez une petite équipe.
    Relevez le défi, ce caillou dans votre chaussure que vous ne supportez plus depuis des années dans votre job quotidien.
    Commencez par là.
    Il n’est pas question de changer le monde pour l’instant, il est question d’apprendre l’état d’esprit à adopter pour y contribuer un peu chaque jour.
    Essayez d’où vous êtes. Tentez des choses qui n’ont jamais été faites : échouez ou réussissez, dans les deux cas : apprenez.

Le monde de demain est entrepreneurial... oui mais pas que...

Combattre le système en s’en servant...

Vous trouvez que l’ambiance économique, environnementale et sociale actuelle pousse au changement radical de façon de vivre, au saut dans le vide, à l’entrepreneuriat ? Tant mieux : plus on se fixe des objectifs ambitieux, plus on en atteint une partie significative.

Le monde du travail change pour se modeler au fonctionnement des entrepreneurs et indépendants.

Mais pas que.

Il y aura toujours des gens qui « travailleront pour » : dans des administrations, dans des petites, moyennes ou grandes entreprises, dans ces fameuses startups qui, si elles survivent, deviendront des entreprises aussi. Et « travailler pour », c’est top ! Du moment que l’on y trouve du sens, que l’on peut y exprimer sa créativité et que l’on se sent investi d’une mission qui nous pousse tous les jours.

Avec les entrepreneurs, les indépendants, l’intelligence artificielle, la robotisation, les entreprises vont changer, et elles ont déjà commencé. Et justement ceux qui feront la différence seront ceux qui auront cet état d’esprit : celui d’apprendre tout le temps, de tester en permanence, de s’ouvrir aux autres, d’osciller entre suivre et mener, de proposer quitte à se tromper. Il ne sera plus possible de s’attacher à son expertise pour suivre le mouvement.

Si on devait vraiment lui donner un nom, je pense effectivement que ce serait un état d’esprit entreprenant. Mais nous ne sommes pas obligés d’être entrepreneurs pour l’avoir.

Avant l’offre, le besoin.

No Comment... (Si, c’est ma fille !! ❤ )

L’entreprise plateforme est un idéal, un but, une ambition. Elle n’arrive pas d’elle même sans qu’on la construise.

De plus en plus d’entreprises imaginent des bouts de plateforme seulement, qu’elles appellent incubateurs, excubateurs, programmes intrapreneuriaux, startups studios internes, hubs, etc... Le problème est que ceux que je vois sont souvent devenus le but et pas le moyen.

Bougez les murs, n’attendez pas qu’ils disparaissent. Lancez des initiatives, n’attendez pas qu’un endroit dédié naisse. Allez demander du budget à tout le monde, n’attendez pas la création d’un fond interne pour ça. Lancez, testez, ratez, recommencez ne serait-ce que pour savoir ce dont vous avez vraiment envie.

Et si jamais, en ce moment même, vous pensez que vous n’avez pas le temps, que vous avez trop de travail à faire, alors malheureusement je ne peux être que pessimiste : vous refusez de descendre d’un arbre qui est en train d’être coupé.

L’écosystème intrapreneurial.

Tout le monde à un rôle.

Pour qu’une entreprise plateforme s’accomplisse, il lui faut des personnes qui la composent, comme nous. Seulement il ne suffit pas d’avoir des idées ou des envies, c’est bien d’un écosystème complet dont il est question. Et il se compose de trois piliers :

#1 — Les explorateurs : Ceux qui veulent formuler rapidement des propositions car ils sont animés d’un but puissant. Ce sont les lanceurs.

#2 — Les bâtisseurs : Ceux qui aident, ceux qui mettent au service de quelqu’un d’inspirant leur force, leur compétence, leur bonne volonté, leur envie commune. Ce sont eux qui permettent de construire ce que le lanceur ne pouvait que penser.

#3 — Les guides : ceux qui ont déjà inspiré ou qui inspirent encore, ceux qui ont déjà levé des barrières en interne, développé des réseaux, ouvert des portes et qui peuvent débloquer des premiers budgets. Bref, les meilleurs sponsors pour permettre l’éclosion d’une initiative.

Voilà ce qui permet à une entreprise d’avancer : la mise en relation de tous ces profils car chacun à un rôle.
Et il n’y a pas de classement parmi ces rôles, tous sont fondamentaux.

Il suffit d’un pas.

Rejoins la communauté.

J’ai rencontré et accompagné humainement avec mon équipe plus de 900 collaborateurs d’entreprises diverses : des ingénieurs, des cadres, des managers, mais aussi des technicien/nes, des assistant/es, des ouvrier/es.

Tous ont imprimé un changement dans leur entreprise, quel que soit leur statut. Parce qu’ils l’ont voulu.

Vous avez tous le pouvoir de changer les choses et c’est beaucoup plus simple que vous ne le croyez.
Mais ça commence par vous et votre premier pas.


Que vous soyez décisionnaire dans votre structure ou que vous possédiez une fervente envie de faire bouger les lignes, vous êtes tous les architectes de votre future entreprise plateforme !

Bâtissons ensemble les étapes clefs de votre transformation avant que vos collaborateurs s’échappent vers des écosystèmes plus vertueux.

Pour que ce soit l’absence de murs qui retienne vos talents.

On en parle ?

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Raphaël Thobie

#PapaPoule, #CorporateHacker, #NatureConcerned, #co-fondateur @CreateRocks et amoureux de l'humain.